Paolo Paranagua du Monde : journaliste ou militant anti-Chávez ?

Une fois n’est pas coutume, nous copions-collons in extenso une réponse de Jean-Luc Mélenchon au médiateur du Monde, Gilles Paris, qui prétend défendre l’honneur de son journal et de Monsieur Paolo Paranagua dont le parcours douteux et les méthodes vaseuses éclairent les positions exclusivement anti-Chávez et les mensonges colportés à l’année dans ce torchon qui lui sert de tribune. On apprendra aussi comment ce journal caviarde à la dernière minute et à la hache une tribune contre le Traité européen en effaçant purement et simplement des intervenants sans les prévenir du passage à la trappe. Au Monde, on ne badine pas avec l’éthique et on ne prend pas les lecteurs pour des couillons !

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Le journal « Le Monde », sous la signature de Gilles Paris, me réserve un encadré sous le titre « Jean-Luc Mélenchon, le « Monde » et le Venezuela ». Je choisis de le reproduire in extenso pour vous en rendre juge. « Co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon exècre la couverture que Le Monde consacre au Venezuela du président Hugo Chavez et le fait savoir bruyamment. C’est son droit le plus strict. Pour M. Mélenchon, toute critique de l’expérience « bolivarienne », qu’il dépeint lui-même avec un sens assez limité de la nuance, ne peut relever que de l’ignorance, ou de la volonté de nuire.

C’est son point de vue. L’histoire prendra parti lorsque l’heure viendra du bilan définitif de l’ancien militaire à la tête de ce riche Etat pétrolier d’Amérique latine. Faut-il, pour autant, pour défendre M. Chavez, recourir à l’une de ses faiblesses, le goût immodéré de l’invective? Telle est la ligne que semble se donner l’ancien candidat à l’élection présidentielle française. La fin, pourtant, ne justifie pas les moyens. Lorsque Jean-Luc Mélenchon en est réduit à diffamer publiquement, à plusieurs reprises, un journaliste du Monde, qu’il qualifie notamment de « terroriste repenti » et de « criminel repenti », il s’éloigne de la gravité qu’il revendique comme boussole de son action politique. Et piétine des principes que Le Monde, comme tout autre, entend voir respectés. »

« Le Monde » veut être le journal de référence de notre pays et de bien des manières il l’est en effet. Il doit donc en accepter les servitudes. Notamment il doit se refuser à ce qui est le propre d’un journal d’opinion, qui relève d’une autre légitimité, c’est-à-dire la répétition d’un angle exclusif à propos d’un sujet. Or les papiers du « Monde » sont tous, exclusivement critiques et même insultants souvent à l’égard du Vénézuela. Pas seulement critiques mais militants. Le dire ne signifie pas que je sois hostile à toute critique comme le prétend Gilles Paris. La différence, en toute hypothèse, est que je suis un militant engagé aux côtés de Chavez comme c’est bien mon droit et que rien ne m’oblige à produire des critiques contre lui pour que mon point de vue soit valide. Ce n’est pas le cas d’un journaliste, me semble –t-il. Quelqu’un peut-il proposer à ma lecture une seule ligne de Paolo Paranagua, le « journaliste » du « Monde », qui ne soit pas à charge sur le sujet ? Dès lors qu’il agit comme un militant peut-il se plaindre qu’il reçoive la réplique d’un militant qui ne se laisse pas impressionner par son arrogant usage de la qualité de journaliste ? Par contre, en dépit de mon soutien déterminé à Hugo Chavez je n’ai jamais caché les critiques que je fais à propos de ses relations avec Ahmadinejad, président de l’Iran, critiques dont on m’a dit que Fidel Castro les faisait aussi, ce que les lecteurs du Monde ne sauront jamais. Mais si j’ai, moi, un rapport critique à mes propres engagements si fermes qu’ils soient, tel n’est pas le cas de Paolo Paranagua. Ainsi un militant politique comme moi assume-t-il une position plus ouverte qu’un « journaliste » tel que monsieur Paolo Paranagua. « Le Monde » sait parfaitement quel genre de problème pose sa couverture de la situation au Vénézuela. Ceux qui ne le sauraient pas n’ont qu’à aller consulter dans les services concernés du journal.

Quant à moi, je répète ce que j’ai dit sans qu’on puisse me contredire: Paolo Paranagua a été membre d’une organisation dont les méthodes de combat incluaient le meurtre d’agent de police et de gardien de banque. Est-ce faux ? Si c’est faux pourquoi Gilles Paris ne le dit-il pas ? Il ne le dit pas parce que c’est vrai et qu’il le sait. Monsieur Paolo Paranagua a été emprisonné pour cela au régime de droit commun. Est-ce faux ? Si c’est faux pourquoi Gilles Paris ne le dit-il pas ? Cette seule situation, sans que j’ai besoin d’en ajouter davantage dans les détails dont je dispose, suffit à pouvoir caractériser, dans l’esprit de polémique qu’il a lui-même créé, de « terroriste repenti ». Car c’est une chose d’être un guérillero qui affronte des militaires et la police politique et une autre de s’engager dans des actions du type de celles qu’a mené le groupe dont a été membre monsieur Paolo Paranagua. Tout cela ne serai jamais venu sous ma plume tant de fois, et sans que le journal « Le Monde » ne réponde jamais, si monsieur Paranagua avait eu la pudeur d’éviter de faire la leçon à tous ses anciens camarades de l’époque en plus de ses autres méthodes bien connues en Amérique du sud sur l’art du journalisme tel qu’il le comprend. Car des hommes et des femmes que les circonstances ont conduit dans les impasses du terrorisme de l’ultra gauche en Amérique latine il y en a eu beaucoup. J’en ai connu et j’en connais encore quelques-uns. Je sais parfaitement faire la différence entre eux quand il y en a. Par exemple, je fais une différence fondamentale entre les nobles cœurs qui ont tiré au bazooka sur le convoi de Pinochet, ce que j’approuve, et ces personnes qui ont tirés sur des gardiens de banque ou des policiers dans la rue. Hier comme aujourd’hui je n’ai pas cessé un seul jour d’être politiquement et philosophiquement en opposition radicale à ce type de méthodes. La règle est à présent de considérer que la page est tournée même si elle ne tournera en fait jamais pour certains, soit qu’ils soient psychologiquement détruit par le remord de leurs actes, soit qu’ils en soient morts, soit que d’autres en aient été les victimes. Cette règle a son prix: personne ne fait la leçon aux autres, surtout pas ceux qui ont eu tort et dont les actes ont couté si cher à tout le monde !

Le journal « le Monde » est-il prêt à étendre sa mansuétude pour ces méthodes à d’autres conflits ? Je note que l’intransigeance, que je ne partage pas, qui s’applique à Cesare Batisti ne sévit pas contre Paolo Paranagua. Et si monsieur Gilles Paris pense éclairant de citer le président du Vénézuela comme « ancien militaire », pourquoi serait il interdit de citer monsieur Paranagua comme ancien « terroriste ». Si le mot choque, comment faut-il nommer le type d’activité auxquels il participait, dans ce groupe là en particulier ? Dois-je l’appeler « noble guerrier à la retraite» ? Et si le médiateur du Monde considère son long dénigrement contre moi comme une médiation il ferait bien de préciser entre qui et qui il l’opère. Et pourquoi j’en suis exclu quoique lecteur assidu comme des milliers de gens qui lisent ce journal et ne supportent pas son engagement vulgaire et grossier dans l’antichavisme primaire et sa mansuétude à l’égard d’un « journaliste » qui se contente de recopier les argumentaires de la pire réaction. Gilles Paris pouvait rêver meilleur rôle que celui qui lui a été confié avec cette commande de circonstance pour un cas aussi glauque que celui de Paolo Paranagua. Je le dis avec gravité et parce que je sais parfaitement bien que « Le Monde » même quand je suis en désaccord absolu avec lui, ce qui est très souvent le cas en politique et en économie, n’est pas réductible aux obsessions d’un individu perdu d’honneur dans toute l’Amérique du sud de notre gauche, Paolo Paranagua.

A présent je lis dans « le Monde » qu’il est question d’engager des poursuites contre moi à ce sujet. C’est un acte militant du journal qui me consterne. Je ne souhaite pas ce conflit. Je ne le cherche pas. Mais s’il doit avoir lieu j’y suis prêt. Après tout, pourquoi pas ? Le bilan de Paolo Paranagua, sa vie, son œuvre, sa relation aux Amériques du sud, ses réseaux d’avant et d’à présent, son embauche au « Monde », tout cela peut intéresser beaucoup la jeune génération de militants qui apprendra ainsi beaucoup sur une époque, ses réseaux, ses permanences et ses déchéances. Et cela permettra de mieux comprendre comment fonctionnent certaines officines de la bonne conscience et leur indignation à géométrie variable devant certaines formes de combat politique.

Mais puisque je suis sur les méthodes et même sur les principes, comme dit Gilles Paris, comment ne pas revenir sur le traitement qu’ont eu à subir les cent vingt économistes qui se sont exprimés contre le traité européen au moment où ils ont transmis une tribune au journal « Le Monde ». Voici ce qu’en dit un des mes interlocuteurs dans ce groupe. « Le texte a été modifié, coupé, caviardé, sans nous prévenir. Je vous mets en pièce jointe le texte initial avec en rouge les coupures du « Monde » : quasiment tous les aspects propositionnels ont été virés pour en faire un texte de pure contestation. Ils ont aussi enlevé la référence aux prix Nobels d’économie : on voit donc bien que la manœuvre visait à limiter la crédibilité et la portée du texte. Alors que j’ai eu le rédac chef des pages « opinions » du « Monde » pendant le bouclage, il ne m’a jamais dit que le texte serait coupé ni qu’il était trop long. Nous avons découvert la version aménagée par Le Monde au moment de sa parution. Autre problème : les signatures du texte. C’est seulement au moment du bouclage qu’il nous a prévenus qu’il ne pourrait mettre que 6 signataires dans la version papier sur les 120, alors qu’il avait le texte depuis 10 jours. Nous nous attendions à en publier une trentaine et avions donc fait une liste de 30. Nous lui avons fait en urgence une liste de noms respectant au mieux les équilibres partisans et associatifs de notre tribune. Il m’a confirmé au téléphone qu’il respecterait cette liste. Résultat il met 11 noms, qu’il choisit lui-même sans respecter notre liste ! Il s’est notamment permis de retirer Frédéric Boccara (commission économie du PCF), alors que nous l’avions mis parmi les 4 premiers signataires. « Le Monde » devait mettre dans la version papier l’adresse du site web contenant les 120 signataires. Ils ne l’ont pas fait et n’ont pas mis non plus la liste sur le site web du Monde. » Voila un témoignage direct et vécu, non ? Si ce que j’ai dit du traitement de notre tribune pouvait faire croire au cas particulier, voilà qui montre une méthode généralisée. Les « principes », disiez-vous ?

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Comments
7 Responses to “Paolo Paranagua du Monde : journaliste ou militant anti-Chávez ?”
  1. twangking dit :

    Bon… Mélenchon n’a toujours pas vu (à moins qu’il ne fasse semblant) que Chavez est :

    -Un militaire
    -Catholique
    -Nationaliste

    Soit son exact opposé, mais il vaut mieux qu’il feigne prendre exemple sur lui, ça l’éloigne peut-être un peu ses modèles Trotskistes, et ça ouvre sans doute quelques perspectives de réflexion aux militants de chez nous.

    Mais qu’importe la moribonderie de politico-sphère franchouillarde, le camarade Chavez vient bel et bien d’être réélu. Chapeau bas au Vénézuéliens, qui -eux- ont compris où sont leurs intérêts, que la fête continue !

  2. vivelapluie dit :

    Quel serpent à sonnettes tu fais ! Ksss ksssssss ! Je suis sûr que t’as des poupées vaudou de Méluche.
    Ceci dit, oui aux 3 points pour Chávez. Avec un gros bémol pour l’aspect natio, qui n’a absolument rien à voir avec les natios français/européens,.
    Il est aussi et avant tout socialiste et internationaliste.
    Et ça change tout, mon petit choupinet… Et toc !

    • twangking dit :

      Quelle mauvaise foi, heureusement que j’ t’aime bien !

      Ah, encore une différence de taille : Chavez a d’énormes Cojones. Méluche par contre… Pour taper sur les coco quand il était le cul au chaud sur les bancs du groupe socialo à l’assemblée y’avait (Yahvé?) du monde. Mais aujourd’hui, le tremplin vers une fin de carrière brillante est trop beau pour qu’il s’aventure à dire la vérité sur quelques sujets importants défendus en son temps par les vrais communistes : le problème de l’immigration pour le salariat, la fermeture des frontières… Je ne parle pas des mensonges sur l’Iran qu’il a relayé avec un zèle virtuose, ça, c’est pour le dessert.

      Bref, c’est vraiment de l’internationalisme de foire, le grand Ronald Mc Donald de la révolution rouge contemporaine !

    • Amiel de Ménard Gilles dit :

      Nationaliste… Ce n’est ni un gros mot, ni une insulte, ni un compliment, ni….
      C’est du réalisme.
      En Amérique du Sud, ils n’ont aucun problème avec la souveraineté. Ils ont bien compris que le seul internationalisme qui marche, c’est s’emparer du pouvoir dans leur pays respectif, puis renforcer les souverainetés des pays progressistes pour enfin coopérer avec les autres pays progressistes, c’est aussi simple que ça. L’inverse de la stratégie de Mélenchon et du PG en somme, qui mise sur une transformation de l’UE (et pourtant c’est un agnostique) et ne prévoie pas un programme de rupture nationale (ça fait facho). Ça donne du coup un petit côté Canada Dry à son programme: pas de souveraineté monétaire mais maintien dans une monnaie unique libérale par construction, « pôle public » bancaire et de crédit au lieu de nationalisation du secteur bancaire et annulation de la dette, pas touche à la libre circulation des capitaux, pas de protectionnisme coopératif (ce n’est pas un oxymore, voire la Charte de la Havane), pas de sortie de l’UE, cette magnifique construction démocratique, etc etc. Encore une fois, les vrais internationalistes n’ont pas de ces pudeurs qui garantissent aux tièdes et aux demis-habiles des 1983 sans fins, si jamais ils arrivent au pouvoir, car les gens sentent bien ce côté Canada Dry, et il plafonne donc à 11%, puisqu’il laisse le discours de rupture au FN, trop content de ce cadeau inespéré.
      Pour ce qui est du Monde et de Chavez, il a bien sûr raison. Que Chavez ne soit pas un ange, c’est sûr. Que ses adversaires sont bien pires, c’est bien évident. Que le Monde soit un journal de propagande aux ordres, tout le monde le sait (tout le Monde aussi).
      Si le Roi du Twang veut un exemple moins controversé, quoique chrétien itou et « nationaliste » itou, il y a Rafael Correa en Équateur.
      Nationaliste… C’est synonyme de démocrate vous savez. Il n’y a aucune démocratie possible hors d’une souveraineté digne de ce nom, c’est-à-dire un fort degré d’autonomie vis-à-vis à l’extérieur. Cette autonomie (et en A du Sud c’est d’abord face à l’impérialisme des États-Unis bien sûr, mais également des innombrables ingérences financières et capitalistes), partielle (personne n’a l’Albanie comme modèle) mais contrôlée par le pouvoir politique souverain du pays, donc du peuple, peu ou prou, permet deux choses: une vraie démocratie, puisque les enjeux des batailles politiques peuvent concerner le principal puisque le principal se décide bien au sein de la communauté politique, et la coopération avec les autres pays progressistes, puisque c’est une décision politique et non les nécessités de la concurrence qui déterminent le degré d’ouverture de l’économie, et donc le pays peut choisir les secteurs de coopération avec les pays progressistes de son choix, sur les secteurs de son choix, donc en respectant sa démocratie en interne et la démocratie du pays qui collabore. Voilà le vrai internationalisme, qui ne s’oppose pas à la souveraineté nationale, mais au contraire la renforce, et partant renforce les pré-requis de toute démocratie.
      L’UE c’est tout simplement le libre-échange imposé par traité internationaux, et la suppression de la souveraineté économique des pays signataires. Les pays progressistes latinos n’ont pas eu la naïveté, pour rester poli, d’intégrer l’ALENA pour la « transformer de l’intérieur », parce qu’ils sont « internationalistes ». Ils ont pris le pouvoir dans leur pays respectifs, ont appliqué une politique unilatérale de rupture avec le libéralisme, et ont coopéré uniquement avec les pays progressistes du sous-continent, ils on fait l’ALBA. Bref ils sont pas cons mais réalistes. Nous, en Europe, avec notre gôche, personne ne propose de sortir de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, pour faire la même chose que l’ALBA. Non, ils veulent transformer l’UE en ALBA, de l’intérieur! Des boys-scouts ou des jean-foutre? On hésite.

      • martial langlois dit :

        Le problème du Front National (outre son nouveau slogan « Rassemblement Bleu Marine »..), c’est qu’il voudrait faire oublier ses intérêts historiques (la défense du Capital national, lequel constitue encore le gros de ses soutiens financiers) en récupérant certaines idées progressistes (ou « de gôche » comme ses militants aiment à les appeler, en se donnant des grandes tapes dans le dos) de façon cosmétique. Sarkozy citait déjà Jaurès, et aujourd’hui on veut nous vendre du Marine marxiste.
        C’est ce genre d’oxymores, particulièrement prisées par le maître du logos Alain Soral, qui fait tenir ensemble, au sein du groupe Le Pen Incorporated, des capitalistes vieille France et des prolos déçus par l’UMPS. Soyez sûrs qu’au final, ce seront toujours les mêmes qui l’auront dans l’os !

  3. Amiel de Ménard Gilles dit :

    Je ne vois pas très bien le rapport avec la choucroute…
    Vous commencez votre réponse par « Le problème avec le Front national »(…). Nous parlions du Front national?

    J’ai peur de comprendre. Il suffit de parler de récupération de la souveraineté nationale afin de sortir des contraintes institutionnelles néolibérales pour être rabattu sur le Front national? Qui entre parenthèse ne propose pas de sortir de l’UE, et propose une stratégie de sortie de l’euro tellement contournée qu’il voudrait avoir l’air de vouloir le faire sans pour autant s’engager à le faire qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

    Je donnais en exemple les pays de l’ALBA. L’Uruguay, l’Équateur, c’est le Front national latino? Qu’est-ce que c’est que ces allusions à la noix? Je me contrefous de Marine Le Pen, le Bernard Tapie de la politique (là où y a personne, j’y vais et j’occupe le terrain, je ramasse les voix et m’en mets plein les poches) et encore plus d’Alain Soral, dont l’égarement politique n’a d’égal que sa suffisance. Tout cela n’a aucun rapport avec ce dont nous parlions.

    Ou plutôt cela en a un, mais que vous ne semblez pas voir. C’est parce que cela fait des décennies que personne à gauche n’a un programme de rupture cohérent, qui tienne compte du prérequis de toute démocratie, à savoir une souveraineté étatique efficiente afin que les enjeux des rapports de force puissent concerner les leviers principaux et non pas juste les « débats sociétaux » (pendant que nous subissons, les pieds et les poings liés la plus grande crise du capitalisme depuis 29), que l’abstention croît continûment et que les votes protestataires comme ceux qui vont au FN sont la seule manière visible pour les classes populaires d’indiquer leur refus de ces contraintes et de cette absence d’alternative.
    Bien sûr qu’ils en sont les cocus. Mais à leur décharge, personne ne fait le boulot. Et rien dans votre remarque ambigüe ne permet de croire que vous réagissiez à ce qui nous nourrit un mouvement comme le FN. La nature politique ayant horreur du vide, si personne d’honnête ne propose une rupture nette et crédible avec les contraintes illégitimes et anti démocratiques des traités européens et de la mondialisation commerciale et financière, des illuminés genre Soral ou des manipulateurs cyniques type FN profitent logiquement de ce vide. Continuez de vous contenter de taper sur eux sans jamais parler et réagir contre les causes, et nous serons tous condamnés à parler de ces rigolos encore très longtemps, voire de plus en plus…

    Mais peut-être vous ai-je mal compris?

    • Amiel de Ménard Gilles dit :

      Pardon, me suis un peu emballé (sous vide?), et viens de me rendre compte que 1/ j’ai bel et bien parlé de FN récupérateur dans mon 1er message et 2/ vos remarques étaient tout à fait compatibles avec ce 1er laïus et que nous n’étions vraisemblablement pas en contradiction l’un l’autre!
      Il faut que je me calme les hormones, je vais reprendre mon tranxène…

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