L’Express et la liberté d’insulter (à sens unique)

Nouvelle passe d’armes entre le représentant du Front de Gauche et l’Express après un accrochage avec un journaliste maison dont le journal a été qualifié de fasciste. Et en 48 heures, pas moins de 4 articles indignés, deux du rédac’ chef Eric Mettout (ici et ), un (de plus) de Renaud Revel et un dernier (?) de François Koch. Rien que de très classique (stalinien, vociférateur, olibrius, va de la gueule, alccolique – , ça c’est nouveau, sans (re)parler du finaud dessin de Plantu et de l’édito de Barbier), le tout au nom de l’atteinte à la liberté de la presse et suivant le principe (un poil capillotracté) qu’un journal qui insulte un homme politique fait vivre la démocratie, alors qu’un homme politique qui lui rend la pareille la stalinise…

Revel (son cas a déjà été traité ici mais il ne semble pas soigné) est le plus virulent et vulgaire mais c’est devenu sa signature, en plus de faire dans l’information approximative chronique comme le relève le site @SI (il est d’ailleurs actuellement poursuivi par Zemmour en diffamation) . Son cas s’aggrave quand on se souvient pour les moins oublieux que celui qui ne tolère pas les injures s’était permis de qualifier Mathieu Kassovitz il y a quelques mois de « Faurisson du 11 Septembre ». Une douceur…

Quant à Eric Mettout*, qui a au moins le mérite (le seul) de répondre (souvent à côté) aux internautes qui l’interpellent, il suffit de parcourir l’espace de discussion pour constater que le rédac’ chef brille dans un autre créneau, la mauvaise foi teintée de culot. Faites lui remarquer qu’il a oublié la liste des injures de ses propres plumitifs et il invoque « le droit des éditorialistes de donner leur avis (SIC) sans qu’aucun autre politique n’appelle au boycott de leur journal« …feignant d’oublier que quelques semaines auparavant, Renaud Revel avait appelé aux représailles de la profession contre Mélenchon. Un autre de lui rafraîchir la mémoire en pointant que Revel a qualifié le politique « d’alcoolique » et il oublie tout simplement le titre de l’édito de son employé (un problème de lunettes, sûrement). Enfin, Eric Mettout n’aime pas l’anonymat (qui, s’il se renseignait un peu, n’existe pas sur internet puisque le quidam est identifié par son adresse ip et qu’un commentaire peut valoir des poursuites pénales à son auteur s’il viole la loi). C’est moche, lâche, facile et réservé aux (seuls ?) internautes qui ne brillent pas par leur courage. Par contre, quand des journalistes usent de pseudonymes, prennent des noms d’emprunt (Laurent Joffrin de son vrai nom Mouchard), ne signent tout simplement leurs articles comme ça se fait au Time Magazine par exemple ou quand une dépêche AFP est recopiée sans référence si ce n’est la simple mention AFP, l’anonymat retrouve des vertus exclusivement dévolues aux plumitifs.

Tout ça pour dire qu’à l’Express, la liberté d’expression (la leur), c’est sacré; les insultes (des autres) c’est moche et l’anonymat une pratique réservée. Formidable !

 

*Eric Mettout est venu (de lui-même) sur le blog pour répondre au billet et développer son argumentaire dans l’espace de commentaires ci-dessous. Une démarche à mettre à son crédit et l’échange permettra à chacun(e) de se faire son opinion.

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Comments
11 Responses to “L’Express et la liberté d’insulter (à sens unique)”
  1. Eric Mettout dit :

    Cher, respectueux, cordial et anonyme vivelapluie, quelques réponses:
    – Il est deux vertus que ne possèdent visiblement pas les zélateurs de Mélenchon, ce sont les sens de la nuance et de l’exactitude – étant donné l’objet de leur adoration, ça peut s’expliquer, mais ce n’est pas le propos.
    La nuance: le droit à la critique est imprescriptible; le droit à l’injure est une imposture. Sauf à me démontrer le contraire, aucun journaliste de L’Express (mes « employés », ouarf!) n’a jamais insulté Mélenchon – et ce qui y ressemblerait le plus, l’accusation d’user de méthodes staliniennes est le fait de sa Société des journalistes et est tombée après la dernière bordée d’injures prononcées par le chef ou ses sbires à notre intention.
    L’exactitude: jamais Renaud Revel, dont vous vous permettez, un comble, de moquer les imprécisions (et la vulgarité: ça aussi, c’est fort!), n’a traité Mélenchon d’alcoolique – c’est du delirium tremens (je rigole). Apprenez ce qu’est une métaphore avant d’écrire des bêtises aussi énormes.
    – Je réponds à côté? Pour répondre dans la cible, eût-il fallu que j’ânonne les réponses qui vous agréent, que nous, journalistes, sommes des lâches, corrompus, à la solde du grand Kapital et de nos propriétaires assoiffés du sang des travailleurs, que nous sommes des sous-marins de l’extrême droite, chargés de lui ouvrir un boulevard et de répandre ses thèses nauséabondes, que nous en voulons à la juste lutte du perdreau de l’année politique, le vierge et propre chevalier blanc Jean-Luc Mélenchon, que nous défendons nos privilèges (des privilèges, les journalistes? Ah…), notre statut, notre compte en banque (un compte en banque, les journalistes? Ah…)? Ben non, figurez-vous, je ne me laisserai pas insulter, je continuerai à expliquer que, contrairement à ce que souhaitent tous les politiques sans exception mais certains plus que d’autres, les journalistes continueront à faire leur boulot et à lever les voiles que les puissants (et côté puissance, Mélenchon, c’est autre chose qu’un journaliste) voudraient garder posés – que, notamment, Mélenchon est un pur surgeon de l’appareil socialiste et que sa nouvelle stratégie personnelle n’excuse pas tous ses excès.
    – Zemmour n’a en aucun cas porté plainte contre Revel, il ne faut pas croire tout ce que racontent les éditocrates d’extrême droite.
    Eric Mettout, plumitif identifié

  2. Eric Mettout dit :

    Accessoirement, je modère lâchement mes commentaires a posteriori…
    Eric Mettout, plumitif identifié

  3. vivelapluie dit :

    Salut Eric (je vais éviter le « cher » et autres fausses amabilités obligées),
    A défaut d’entamer un dialogue de sourds sans grand intérêt sur la critique des médias en général (je connais vos positions sur le sujet, que vous rappelez supra avec beaucoup de nuance vous aussi, mais pour ceux que ça intéresserait, ils peuvent aller lire votre blog ou ACRIMED entre autres), je vais répondre à quelques points :
    – je n’adore personne, et je ne suis ni une groupie ni un zélateur mais pour discréditer un avis, je sais qu’il est courant de commencer comme vous le faites.
    – l’anonymat n’est pas nécessairement une tare, qu’il soit complet (rare sur le net) ou relatif. Je l’ai démontré plus haut, je n’y reviens pas.
    – la nuance ? Votre bloubiboulga délirant (je rigole, moi aussi) sur les reproches que nous ferions à un quarteron d’éditocrates qui monopolise la parole publique en abaissant la profession et au détriment de centaines de journalistes mal payés qui font bien leur boulot ne me semble pas plus nuancé.
    – l’exactitude ? Revel a donc employé une métaphore, par essence dénuée de mauvaises intentions comme toutes les métaphores c’est bien connu, et pas du tout insultante au sujet de l’alcoolisme. Nous devons être plusieurs à délirer…
    Je ne « moque » pas les inexactitudes de Revel, je renvoie vers un lien du site « Arrêt sur Images » qui y consacre un article. Il est inexact ? Ecrivez leur, ils rectifieront et moi aussi.
    – pas d’insultes dans l’Express ? Je les liste dans mon billet (j’avais oublié bolchevique, aboyeur, pitbull, guignol…) mais il est vrai que votre journal n’a pas atteint le degré d’immondices proférées par Serge Raffy ou Jacques Julliard, parlant de rassemblement renvoyant aux grandes messes nazies ou staliniennes. Celles de vos confrères ne vous ont donc semble t’il pas choqué non plus puisque vous n’en parlez pas.
    – Zemmour n’a pas porté plainte contre Revel mais contre l’Express, c’est vrai, j’ai été imprécis et c’est écrit dans Le Point (que je n’affectionne pas particulièrement mais pas vraiment l’équivalent de Minute me semble t’il). L’article : http://minilien.fr/a0n4tf
    – la (longue) liste de vos reproches à Mélenchon, je ne suis pas son attaché de presse ni son porte-parole ou son avocat, voyez avec eux et lui.
    – je concède que le terme « employé » était ironique mais vous me prenez pour un zélateur, nous sommes quittes.
    – enfin, je modère a priori parce que mon blog est bénévole, que je ne peux y consacrer ma journée pour vérifier ce qui y a été posté, mais je ne censure que ce qui tomberait sous le coup de la loi ou du trollage, preuve en est, vos interventions sont publiées. C’est un choix assumé et cela ne vous empêche pas, me semble t’il, de vous exprimer en toute liberté, preuve en est. Quant à la lâcheté, je pointais les propos que vous tenez à l’endroit de ceux qui usent de pseudonyme, je ne vois pas le rapport avec la modération.

    Bonne journée.

    • Eric Mettout dit :

      Bon, au moins, de causer en tête à tête, ça fait retomber la tension… Quelques réponses (pour éviter le dialogue de sourds):
      – Encore une fois, je ne me défends pas contre la critique (et puisque vous m’avez apparemment fait l’honneur de m’avoir lu, vous devez le savoir), je refuse l’injure. Traiter un journaliste « de sale petit espion » et L’Express de « journal fasciste » – ou de suppôt de l’extrême droite comme l’avaient fait auparavant quelques alliés de Mélenchon, pour ne rien dire des intimidations physiques à l’encontre de l’une des journalistes de mon équipe – rentre précisément dans cette catégorie.
      – Je reconnais bien volontiers que Mélenchon n’est pas votre champion. Mais pourquoi, dès lors, reprendre tels quels les éléments de langage largement diffusés sur le Net par son équipe? Vous me dites « pittbull », « aboyeur », « bolchévique », « guignol », en évitant soigneusement de replacer ces termes dans leur contexte (les phrases, l’article). Dire de Jean-Luc Mélenchon qu’il prend délibérément des allures de pittbull par positionnement politique, c’est insultant? Qu’il est capable d’aboyer, c’est une insulte – merde, regardez ses vidéos, et dites-moi qu’il n’aboie jamais! Qu’il « fait le guignol » (et pas que c’EST un guignol, là, on nuance), c’est une insulte? Relisez soigneusement l’édito de Barbier sur Mélenchon, vous n’y trouverez aucune injure – sur le plan des idées, c’est une autre question, mais pour le coup on sort du terrain et, de la part d’un éditorialiste, ça me paraît légitime, c’est son job. Accessoirement, Christophe (ou moi ou d’autres) ont utilisé à destinations d’à peu près tous les hommes politiques, des termes qui, pris seuls, ont des airs d’injures – la différence, c’est que Mélenchon, dont le journalisme bashing est l’une des armes, réagit différemment: il… aboie.
      – Quoi qu’il en soit, en admettant qu’il considère sincèrement ces critiques comme des insultes (ce qui, entre nous, m’étonnerait, pas avec 40 ans de carrière politique derrière lui, il en a entendu bien d’autres, et autrement ignominieuses, sans parler de celles qu’il proférées), en quoi est-ce que ça lui donne le droit de traiter un journal de sous-marin de l’extrême droite? Quand L’Express a-t-il donné le moindre gage à l’extrême droite, au Front national, à Marine Le Pen? Puisque vous avez lu mon blog, vous devez savoir que, moi notamment, mais je ne suis évidemment pas le seul à L’Express, n’avons aucun tendresse pour ce mouvement – ne serait-ce que par fidélité à ses valeurs et à son histoire.
      – Sur Revel, je vous propose de vous expliquer avec lui – mais il faut avoir l’esprit sacrément susceptible pour voir dans sa métaphore autre chose qu’une comparaison imagée comme nous autres, journalistes sans talent, en faisant tous les jours – quoi que vous en pensiez, ou quelle que soit la manière dont les spin doctors de Mélenchon ont choisi de communiquer à son sujet. D’autant que, si je ne m’abuse, il ne pèse sur Mélenchon, comme il pèse sur d’autres, aucun soupçon de cet ordre.
      – Stalinien: 1. Ce n’est pas de moi mais de la Société des journalistes de L’Express (à laquelle se sont associés les syndicats CFDT et CGT), dont il doit être assez facile de comprendre qu’elle a été profondément blessée par la manière dont un de ses membres (pas un rédac chef, pas un éditocrate, un être humain, qui fait son boulot, n’a rien à voir avec l’extrême droite, suit une campagne, mieux suit une campagne dont Mélenchon lui-même a choisi de faire une arène médiatique) a été traité dans cette affaire. 2. Ce n’est pas de moi, mais je partage: je ne dis pas (pas plus Christophe ne dit de Mélenchon qu’il est un bolchévique, encore une fois relisez-le) que Mélenchon est stalinien, je dis que CE PROCEDE (qui consiste à intimider, à faire de tout opposant, de tout critique, de tout « déviant », un « fasciste ») est stalinien. J’ai frayé avec le trotskisme, il y a bien longtemps, je sais de quoi je parle.
      – Je modère a posteriori parce que je considère que c’est ça, le Web, et vous pourriez me faire crédit que je n’ai pas peur d’en prendre plein la gueule.
      – Non, Zemmour n’a pas porté plainte (à quel titre?!?). Vous parliez des « approximations » de Revel, vous voulez que je vous parle des approximations de Beretta?
      – Et oui, je trouve très lâche – et je ne dis pas ça pour vous, quoique le ton de votre premier papier… – de venir insulter sur son blog un type qui essaye de s’expliquer sur son travail, qui le fait sincèrement, qui met son nom, son adresse e-mail, voire sa ligne direct, qui s’expose, avec qui on peut évidemment ne pas être d’accord et le lui dire. Ce qui ne veut pas dire que je suis courageux: juste fatigué, parfois, de discuter avec des cons (et là encore, ne le prenez pas pour vous).
      Eric Mettout, plumitif identifié

      • vivelapluie dit :

        Je ne sais si les autres sont tendus, moi non.
        – Sur l’accusation de fascisme, quand l’Express publie le dessin de Plantu (http://www.politis.fr/Meme-Pas-Peur,18520.html), et bien que je connaisse l’argument archi-rebattu de la liberté de caricaturer, le journal s’expose au retour de balle. Est il productif de vous traiter dès lors de journal fasciste ? C’est un autre débat. Je ne l’écris pas, je ne l’écrirai pas, mais ça ne me choque pas plus que ça dès lors que l’Express publie ce dessin lamentable et signe les papiers que j’ai pointés. Pour autant, je ne vous accuserais de frayer avec l’extrême-droite, mais quand Barbier dans son édito écrit (entre autres) que Mélenchon est « nourri aux fromages de tous les mandats et au gâteau du carriérisme politicard » il emploie une rhétorique usitée chez l’extrême-droite.
        – Le coup du hors contexte pour les insultes, c’est moyen. J’ai mis en lien l’article dans le corps de mon billet, chacun jugera et on peut pinailler jusqu’à demain matin. Un exemple : il dit qu’il « fait le guignol » ? Non, il écrit précisément : « ténor les meilleurs jours et guignol les pires ». Tout le reste est du même tonneau… Non il n’aboie pas, il ne gerbe pas non plus ses arguments comme je l’ai lu dans un autre journal, il répond sur le même ton qu’on s’adresse à lui (et lui seul, a fortiori venant de journalistes plus ou moins déclarés de gauche) et renvoie parfois la violence symbolique qui lui est opposée. On peut employer un ton doucereux et être violent. C’est sous-jacent, implicite, moins visible (quoique) mais violent ! Sur le ton, spécifiquement, j’approuve à 100% et j’applaudis. C’est votre droit d’éditorialiste (pas vous personnellement, la fonction) décrire ce que vous pensez, à vous de supporter la réponse en retour.
        – Je vous lis, comme d’autres, je sais que vous n’avez personnellement aucune affinités avec l’extrême-droite et ne l’ai jamais écrit ni pensé.
        – Revel, je n’ai pas envie de m’expliquer personnellement avec lui. Il publie ses papiers, j’y réponds parfois ici et pointe vers les siens. Je suis sympathisant du Front de Gauche (je ne le cache pas c’est évident) et je vote Front de Gauche, je n’ai cependant aucun lien direct ou indirect avec ses cadres ou ses prétendus spin doctors. Je connais le travail de Revel depuis longtemps, je juge la qualité générale de sa production médiocre et plusieurs de ses papiers en dessous de tout. Appeler à la vengeance des « offensés » contre le « va de la gueule », ce n’était pas de la dentelle de Calais ! Je l’ai écrit, je suis passé à autre chose, je ne focalise pas sur lui en particulier.
        Accessoirement, je l’ai déjà dit plus haut, je ne parle pas des approximations de Revel, je renvoie à un article d’Arrêt sur Images qui les pointe. Après, si Berretta est un incapable, je propose que Revel et son confrère voient ça entre eux.
        – que la société des journalistes de l’Express et la CGT s’insurgent je n’ai rien à y redire c’est leur boulot. Ceci dit, quand une journaliste syndiquée a été – à l’amiable apparemment – priée de partir de Marianne parce qu’elle révélait l’augmentation de 87 % sur 5 ans des 5 plus gros salaires de la boite qui refusait d’augmenter les autres, je n’ai pas lu de prestations outragées des syndicats. Ca me parait pourtant autrement plus significatif.
        – oui vous êtes un des rares à répondre et animer un vrai blog, c’est un fait, indiscutable mais c’est l’objet d’un blog sinon ce n’est plus un blog. Ceci dit, nous ne faites pas qu’en prendre pour votre grade, certains saluent aussi votre boulot et je ne vous prends pas en tête de turc, il y a chez certains de vos confrères amplement plus à redire. Quant au ton de mon papier, il est saillant, c’est fait pour, je surligne, je pique, je retourne, je renvoie c’est le but de ce blog mais on n’aime jamais la critique même si on l’accepte (encore heureux), je sais le peu d’estime que vous avez pour ACRIMED par exemple ou la production de Serge Halimi, vous l’avez écrit. Sur ce point c’est une question de goût, et d’idéologie.
        – l’anonymat n’existe pas sur le net, sauf pour les plus compétents capables d’usurper une adresse ip ou de la masquer. Plus largement, je peux vous donner mon identité mais à moins de projeter de venir boire un mojito chez moi, je ne vois pas à quoi elle vous servirait. Maître Eolas blogue anonymement (même si son nom est connu depuis), ça n’empêche pas beaucoup de journalistes de reprendre ses propos et un con, anonyme ou identifié, reste un con (ce que vous n’êtes pas). Pour ma part je commente de moins en moins les blogs, trop de débordements, le pertinent côtoie le n’importe quoi et tout est noyé.
        Nous avons beaucoup de points de désaccord, et je ne pense pas nous les réglerons, ce n’est d’ailleurs pas l’objet de l’échange, nous les avons échangés et sans s’insulter, dont acte. Votre boulot de journaliste (en général), c’est de dire ce que vous pensez avec votre conception du métier, vos valeurs et vos limites; l’un de mes passe-temps c’est de dire ce que j’en pense dans un petit coin de la toile avec mes valeurs et ma grille de lecture.

      • Eric Mettout dit :

        « Quant à Eric Mettout, qui a au moins le mérite (le seul) de répondre (souvent à côté) aux internautes qui l’interpellent, il suffit de parcourir l’espace de discussion pour constater que le rédac’ chef brille dans un autre créneau, la mauvaise foi teintée de culot », euh, c’est pas de moi, ça, me semble…
        Bref.
        – On ne va pas revenir sur Plantu. De mon point de vue, ce que vous appelez une caricature lamentable a surtout le tort, chez les mélenchonistes (dont vous n’êtes pas, je sais, juste un sympathisant du Front de gauche ;o) de toucher juste, passons…
        – Sur Barbier: oui, Mélenchon, bien qu’il se présente comme un perdreau de l’année est “nourri aux fromages de tous les mandats et au gâteau du carriérisme politicard”, en clair un vrai apparatchik que sa nouvelle posture ne suffira pas à camoufler – il a 40 ans de service derrière lui, et à la meilleure école, celle du PS, faut pas nous faire prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages. En quoi est-ce injurieux? C’est un constat – et juste, en plus.
        – On ne va pas revenir non plus sur les termes de l’édito de Barbier: permettez-moi de trouver que si on ne peut plus écrire d’un homme politique qu’il est « ténor à certains instants, guignol à d’autres » sans être taxé de fasciste, la chronique politique va vite se transformer en yaourt maigre… Et oui, Mélenchon aboie – quand il insulte les journalistes en général et un malheureux étudiant en journalisme en particulier, quand il provoque Marine Le Pen sur son terrain (pas que ça me pose un problème philosophique, là encore c’est un constat). A part ça, même remarque qu’au-dessus: si ça c’est une insulte…
        – Euh, moi, c’est L’Express, pas Marianne…
        – Acrimed et Halimi: exactement, d’idéologie… Et moi et l’idéologie, on s’aime pas bien.
        Eric Mettout, plumitif identifié

  4. vivelapluie dit :

    Le quote pointe une insulte de ma part ou de l’ingratitude ? Dans le premier cas ça ne l’est pas, dans le second je vous propose de m’adresser une liste de vos qualités et je chanterai vos louanges mais je tarife au compliment, plus cher que Barbier, c’est dire (humour, je précise désormais).
    Bref.
    Non, ne revenons pas sur Plantu (quoiqu’un peu quand même puisque vous abondez. Mélenchon/Le Pen, même engeance. Vous promouvez donc comme tout le monde une idéologie et balisez le cadre : les « extrémismes » se valent, « populisme », racistes et anti-racistes équivalents. Quelle bouillie intellectuelle… Vous qui parlez de yaourt maigre… Ah Plantu… Plantu et ses 10.000 € reçus du Qatar (démenti mollement par l’intéressé qui n’a attaqué personne en diffamation sur ce point), un humaniste celui-là, un aigle ! Commencer si bien et drôle, et finir vieux con réac’ qui cachetonne, c’est moche mais c’est un autre sujet.
    L’étudiant en journalisme ? La vidéo intégrale rétablit les faits, il s’est fait un coup de pub’ en coupant la vidéo. Il est mûr pour le Petit Journal (pour le coup totalitaire : reportages bidonnés – deux sur Mélenchon, un sur Dupont-Aignan – refus de la production de participer à une émission de décryptage des médias pour s’en expliquer, falsification quant à la temporalité des images ramenées présentées comme des faits etc…). Pas sûr par contre qu’il laisse une trace indélébile dans l’histoire du journalisme mais ça le regarde…
    Bref (bis) il y a tant à dire et ça tombe bien, c’est l’objet de ce blog.

    • Eric Mettout dit :

      Plantu, donc: oui, je trouve, comme Plantu, que certaines méthodes, postures, thèmes utilisées par Mélenchon (voir ci-dessous) empruntent à la stratégie frontiste – ce qui ne dit rien sur leurs idées, qu’on ne peut confondre. Et que le travail d’un caricaturiste, c’est de caricaturer, donc d’exagérer, d’appuyer le trait, de faire son boulot. Ce ne le gêne pas, Mélenchon, quand c’est Sarkozy ou Le Pen qui prennent. Et qu’un candidat « progressiste » ne puisse tolérer la caricature, 1. ça m’inquiète 2. ça prouve par l’absurde que Plantu n’a pas tort. Et je ne vois pas ce qu’il y a de « réac » à écrire ça, je dirais même que c’est plutôt l’inverse.
      L’étudiant, donc. Vous justifiez l’injustifiable, en usant là encore de la rhétorique propre à ce genre d’argumentaire (assez stalinien, pour le coup): en gros, il s’est fait insulter, intimider, gueuler dessus, mais il l’avait bien cherché, ce petit con. Je l’ai vue dans son entier, cette vidéo. Effectivement, c’est un étudiant en journalisme, il apprend, ses questions n’étaient pas d’une grande finesse – ce n’est en aucun cas une excuse pour s’en prendre à lui comme l’a fait Mélenchon, en toute connaissance de cause, sachant très bien les effets qu’il allait provoquer, le buzz qu’il allait générer et le bénéfice qu’il allait en tirer: cracher sur les journalistes, c’est probablement l’une des manoeuvres politiques les plus rentables du moment. Pas glorieuse, plutôt moche même, mais rentable. Un truc de vieux cheval de la politique qui veut faire croire qu’il va la réinventer, la politique, et passer un bon coup de chiffon sur un monde où il traîne depuis quarante ans. La stratégie du bouc émissaire, ça s’appelle.

      • vivelapluie dit :

        Plantu n’est plus drôle depuis longtemps, et quand on cachetonne pour le Qatar en inventant des persécutions de consoeur au Vénézuela qui n’existent pas, il est temps de se retirer et d’aller cultiver ses carottes et ses petits pois. Je connais la rhétorique sur le populisme, par coeur.
        Quant au « buzz » rentable, quand les confrères durant des semaines ressortent la vidéo plutôt que de poser des questions de fond sur ce qui importe vraiment, je ne vois pas où est le gain. Au contraire, la ritournelle continue « regardez le, ce stal’, incapable de garder ses nerfs, et un jeune journaliste en plus ». Des engueulades ça arrive à tout le monde et partout, je n’en ai rien à carrer de voir un journaliste se faire engueuler, surtout quand ses questions sont sans intérêt, c’est un épiphénomène…
        Sur ce Eric, je pense qu’on a fait le tour, pour ma part en tout cas, et ça va tourner en rond (sur ce sujet spécifique en tout cas) parce qu’on a de vraies divergences de fond. Mais c’est bien d’avoir échangé, ça intéressera les lecteurs, c’est posé, argumenté et chacun pourra se faire un avis (je vous laisse le dernier mot si vous voulez…quoique…je me tâte, faut voir, je suis joueur).
        Hasta siempre !

  5. J’ai moi-même été « victime » de la médiacratie d’Eric Mettout à qui j’ai écrit ce que je pense : il est le mildiou de l’éditorial, voire le phylloxéra du journalisme.

  6. Eric Mettout dit :

    Daniel, comme c’est gentil de réactiver cet espace de discussion où je me trouve plutôt juste et pertinent, avec le recul! Et comment ça va, chez vous, à part ça? La petite dernière, Germaine, votre ulcère? Allez, bonjour chez vous et à bientôt.
    Eric Mettout, plumitif toujours plus identifié

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