Guerre(s) de classes

Il est toujours intéressant de constater à quel point les grands patrons, et leurs laquais, sont à l’aise sur les plateaux de télévision et dans les colonnes des quotidiens pour injurier le peuple en général et les ouvriers-précaires en particulier.

Ainsi donc, Madame Laurence Parisot, à la chefferie du délicieux MEDEF, n’hésitait pas à déclarer il y a quelques années dans une envolée lyrique à tirer des larmes à un Michel Godet (courageux pourfendeur du SMIC, « un frein à l’emploi ») que « la vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait-il pas précaire ? » tout en enjoignant les masses (laborieuses) à « travailler davantage, accepter la précarité inhérente à la vie, et à remettre la politesse au goût du jour ».

Ils sont comme ça, les grands patrons et leurs roquets, un brin décomplexés quand on les laisse parler en roue libre, rêvant tout haut que le besogneux bosse beaucoup, gratuitement, et reste poli (parce que séquestrer un patron dans son bureau ou faire grève, ça ne l’est pas, poli, n’est ce pas Xavier Mathieu)…

Jusqu’au jour où l’exquise (et toujours polie) Parisot tombe sur la retransmission du meeting du Front de Gauche à la Bastille, et là, horreur*, 120.000 besogneux « qui avaient des piques et des visages dessus; et un Mélenchon, héritier de la Terreur, opposant les uns aux autres (les riches et les pauvres ?) et flattant avec démagogie des choses détestables (la lutte des classes, le SMIC à 1.700€, le droit à la retraite, la limitation du précariat ?) qui deviennent ensuite non contrôlables » (à lire et à relire ici juste pour le plaisir, ou à voir avec le son , à partir de la 40ème minute).

Tant et si bien qu’on peut se poser une (légitime) question (un brin historique puisque l’Histoire est convoquée par Laurence Parisot) : pour obtenir une oreille (attentive) du patronat et un peu moins de morgue aux lèvres, qu’est ce qui marche le mieux; la politesse, ou les prémices d’une révolution (citoyenne, par les urnes,celle-ci) ? Rendez-vous est pris le 22 Avril en attendant le 6 Mai…

*En écho, un article sur Rue89 au sujet du livre de l’anthropologue Emmanuel Terray « Penser à droite », expliquant entre autres « qu’être de droite, c’est avoir peur ».

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