Traitement médiatique de l’affaire Banon

La plainte déposée par Tristane Banon à l’encontre de DSK pour tentative de viol étant pourvoyeuse de bonnes audiences, de clics faciles et de bonnes ventes en kiosque, difficile d’échapper à l’affaire dont le traitement, en France ressemble de plus en plus à celui dénoncé par nos mêmes médiacrates aux Etats-Unis.

La plaignante l’avait dit avant même de commencer à parler, elle ferait l’objet d’un lynchage organisé et serait laminé dans les médias, de par la personnalité de l’homme qu’elle tente de faire juger au pénal et de ses réseaux.

Elle se sera vue tout reproché : d’avoir mis huit ans pour déposer plainte et chercher la publicité (comme si la majorité des victimes de viol se manifestait immédiatement après, alors que seul un viol sur 11 fait l’objet d’une plainte, selon une enquête nationale menée en 1999 (ENVEFF) ), d’être selon quelques complotistes dirigeants socialistes (François Hollande, le perspicace Jean-Marie Le Guen ou encore l’exquise Michèle Sabban) un missile téléguidé par l’UMP , de coucher avec son avocat, d’être une mangeuse d’hommes… L’Obs’, par le biais du « + », poussera l’ignominie jusqu’à publier un obscur « psychologue profiler », Joseph Messinger, qui balaiera sur son blog (payant) la tentative de viol en ces termes « DSK aurait tenté de lui arracher son soutien gorge ? Pour quoi faire ? Elle est aussi plate qu’une planche à pain » avant de dépublier l’auteur devant le tollé provoqué par le charlatan; tandis que chez Rue89, une tribune haineuse (le qualificatif n’est pas galvaudé) et imbécile offerte à Virginie Martin et Coline Clavaud-Megevand reprochera à Tristane Banon d’être trop jolie, trop bien née, trop médiatique, et d’escamoter la parole des femmes vraiment violées (SIC), le tout assorti le lendemain d’un article commentant…les commentaires. Nous pourrions ainsi citer la plupart des journaux qui ne se sont pas mieux comporté, à l’exception (qui confirme la règle) de L’Express.

Aujourd’hui, nouveau rebondissement, la « preuve » apportée par l’Obs’ (décidément fidèle en amitié pour peu qu’on soit du bon côté du manche) que la vénale demoiselle cherche la publicité, elle publiera le 13 Octobre 2011 un livre sur son ressenti concernant l’affaire DSK et ce qui l’a amenée à porter plainte ! Un livre qualifié de « règlement de comptes », alors même que le journaliste confesse ne pas l’avoir lu puisqu’aucun extrait n’a filtré (SIC) !

Etonnamment (quoique), aucun journaliste, pas un médiacrate, ne s’est offusqué que le biographe attitré de DSK, Michel Taubmann (aussi directeur de la revue néo-conservatrice à la française « Le meilleur des mondes » et fondateur du « Cercle de l’Oratoire » avec les mêmes néo-cons) vienne vendre son livre à lui (en attendant celui de Claude Askolovitch, fidèle strauss-kahnien passé du JDD au Point), « Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn » (réactualisé depuis le dénouement de l’affaire Diallo au pénal) sur tous les plateaux télé et dans les colonnes de leurs journaux; cale-meuble hagiographique dans lequel il salie avec application et sans feinte pudeur Nafissatou Diallo et Tristane Banon.

Aucun de nos zélés médiacrates ne pensera à lui demander avec pugnacité pourquoi, par exemple, Michel Taubmann reproduit la déclaration de DSK affirmant qu’il ne s’est strictement rien passé avec Tristane Banon et que c’est une affabulatrice alors que le même DSK reconnaitra quelques semaines plus tard du bout des lèvres « avoir tenté de l’embrasser » (de même qu’il nia dans un premier temps tout rapport sexuel avec Nafissatou Diallo avant de se raviser et de parler de rapport « consenti non tarifé »).

Aucun n’aura pensé, avant de faire un procès à Tristane Banon en vénalité, à lui demander simplement ce qu’elle compte faire de ses droits d’auteur si son livre se vend ?

Enfin, aucun n’aura trouvé étrange que soient consacrées à DSK 23 minutes et 47 secondes d’antenne dont 15 dédiées à ne rien dire sur ses affaires, alors que Tristane Banon disposera montre en main et sur la même chaine de 6 minutes et 39 secondes pour répondre aux accusations dont elle fait l’objet.

Alors que le journalisme à la française s’offusquait vent debout des méthodes des médias américains, y aurait il en France un deux poids deux mesures manifeste malgré les gages d’indépendance et la rigueur journalistique ? On n’ose y croire…

NDLR : à lire chez Acrimed; quand Ivan Levai (ex-époux d’Anne Sinclair) commet un livre sur l’affaire DSK et redéfinit (toute honte bue) le viol, auquel « il ne croit pas quand il serait perpétré sans couteau ou pistolet« . Plutôt un troussage de domestique, donc.

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Comments
2 Responses to “Traitement médiatique de l’affaire Banon”
  1. Dayrton dit :

    Ouais…
    Indépendamment de mes opinions personnelles sur DSK, j’ai quand même de sérieux doutes sur l’authenticité de cette non-affaire TB. Cette gonzesse provocante n’a rien de concret à avancer pour justifier sa plainte et ça n’est pas dans son futur bouquin, qui sera surtout rempli de réactions impulsives incontrôlées autant que manipulatoires, qu’on en apprendra plus.
    Et puis, faut quand même bien dire que si toutes ces greluches devaient déposer plainte quand on « tente » de les embrasser, il n’y aurait pas assez de place en France pour ranger tous les dossiers en attente de traitement.
    Et puis, « tenter » signifie qu’on n’a pas été jusqu’au bout.
    Circuler ya rien à voir. Cette ratée de la littérature moderne tente de se faire un peu de fric pour arrondir ses fins de mois.

    • vivelapluie dit :

      L’objet de l’article n’est pas de discuter du fond de l’affaire ou des qualités littéraires de Banon mais de son traitement dans les médias. Au delà de l’opinion personnelle que chacun est libre d’exprimer mais qui au fond (m’)importe peu, les médias jouent un rôle dans le façonnage de l’opinion publique et l’application d’une justice de classe : on ne sera pas traité médiatiquement de la même façon suivant les moyens dont on dispose. Ce n’est pas un scoop mais il est nécessaire de le constater et de le rappeler.
      De Tristane Banon et son livre, ou des médias et leurs unes tapageuses, leurs articles quotidiens, leurs « décryptages » et « analyses », leurs « enquêtes » à charge et les leurs de bouquins, qui se fait le plus du fric ?
      Juridiquement, en droit français, il est matériellement impossible de prouver l’intention de viol s’il n’a pas été perpétré. Ca pose et ça posera problème tant que la législation n’aura pas évolué (sans parler de l’ubuesque distinction entre l’agression sexuelle prescrite au bout de 3 ans et la tentative de viol prescrite au bout de 10 ans).

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