Marianne/Marianne2.fr

Si on s’en tient à sa fiche Wikipedia, Marianne est un magazine qui combat courageusement la pensée unique, les gauchistes et le néolibéralisme tout en soutenant le marché, la libre-entreprise et un libéralisme régulé.
Un des illustres cofondateurs historiques du magazine, Jean-François Kahn (qui mettra fin quelques années plus tard à sa carrière de journaliste en dénonçant l’odieux lynchage dont il fût victime après avoir parlé de troussage de domestique à propos de l’affaire DSK) n’hésita pas en 1995 à montrer l’exemple en allant habiter un appartement à loyer modéré mis à disposition par la ville de Paris dans le VIe arrondissement (Libération du 14 Juin 1995).

Désormais, Maurice Szafran – Momo pour les ami(e)s – est à la barre et ça ne rigole plus avec la déontologie !

Quand l’un de ses éditocrates les plus en vue se fait gauler la main dans le pot de confiture en se rendant coupable de plagiat littéraire et de copier-coller de ses confrères sans les citer, Momo n’hésite pas à sortir sa plus belle plume pour signer une tribune et assurer la main sur le coeur que malgré l’amitié et le talent, on ne l’y reprendra plus. Il a donc courageusement accepté que Macé-Scaron, directeur-adjoint de Marianne (et omniprésent sur RTL, le Grand Journal, iTélé…) ne fasse plus « que » de l’ exigeante enquête journalistique et soit privé de recopiage de flamboyants éditos écrits par d’autres. Les lecteurs de Marianne seront rassurés.

Accessoirement, Momo n’est pas intransigeant qu’avec ses amis, il l’est aussi avec ses ennemis et s’il y a bien une race qu’il combat fougueusement, ce sont les trotsko-staliniens populistes et empêcheurs de libéraliser (avec modération) genre Mélenchon ! C’est qu’on en trouve un peu partout, des « reds » et même au sein de Marianne, certain(e)s poussant le bouchon jusqu’à distribuer des tracts dénonçant « une hausse des cinq plus gros salaires de 87% en cinq ans tout en refusant d’augmenter les petites mains du magazine faute de budget ». L’impudente se verra proposer après quelques papiers trappés une offre de départ qui ne se refuse pas après que Momo se soit offusqué que cela ne reste pas en interne.

Normal, me direz-vous, à Marianne, le bling-bling ne doit pas s’afficher et se faire discret ! Déontologie et décence, les deux mamelles de cet intransigeant magazine qui dit Fuck à la pensée unique !

Ce ne fut pas du goût de toute le monde, et d’énervés lecteurs le firent un peu trop savoir sur marianne2.fr (ceux-ci n’ayant pas franchement goûté que le magazine dévoile en sus quelques semaines avant que ses fines plumes – jointes à celle de l’Obs et Libé – avaient participé à un déjeuner avec l’ami DSK pour recueillir en « off » sa déclaration de candidature, gardée secrète aux yeux des quidams, avant qu’il se fasse choper à NY le pantalon sur les genoux).

Là encore, la direction du site internet fit preuve de courage et d’intransigeance en supprimant purement et simplement la possibilité de commenter les articles*.

Retour au bon vieux courrier des lecteurs, celui qu’on peut trier à la main pour écarter les emmerdeurs et autres ronchons trotsko-staliniens qui passent leur temps à donner des leçons de bien-pensance !

*NDLR : ce jour, Marianne a rouvert son espace de commentaire sous modération, avec une charte mettant en avant « la convivialité ». Ca promet des débats urbains, chaleureux, cajoleurs, en évitant les « trolls » et autres mauvais esprits, le tout reposant sur l’exigeant critère « d’intention communicatrice de l’internaute« . J’ai pour ma part laissé un message courtois réclamant poliment un article à débattre sur le départ de leur journaliste à l’origine du tract sur les augmentations de salaire à Marianne et l’affaire Macé-Scaron. Il a été modéré malgré mon intention communicatrice. Pas assez convivial, peut-être (?).

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Comments
8 Responses to “Marianne/Marianne2.fr”
  1. Dayrton dit :

    Elle est démoniaque cette presse.
    Est-ce qu’elle donne quelques fois les chiffres vrais du montant des subsides publics qu’elle reçoit du système qu’elle prétend combattre ?
    Ca mériterait une investigation.

  2. Dayrton dit :

    C’est un gag ?
    Exemple:

    L’Indépendant: refonte du site internet. Subvention: 19 900 euros. !

    Bref, on peut se dire que quand on reçoit de telles sommes de la part de l’Etat, on est quelque part tributaire et de ce fait loin d’être indépendant dans l’orientation des textes. Autrement dit le Pouvoir en place arrose la presse et se garanti ainsi un traitement de velours, même dans le chef de ses plus virulents opposants. Après tout, droite-gauche, gauche droite, il n(y a que les logos de parti qui changent.
    PS: je n’ai pas vu Marianne dans les subventions.

    • vivelapluie dit :

      L’indépendance de la presse, Dayrton, c’est l’ultime gage de probité, la preuve définitive et absolue, juré craché (certains disent ne pas demander d’aide mais ne pas la refuser, par politesse) !
      Quant à Marianne, ils ne touchent pas d’argent : http://www.marianne2.fr/Net-l-argent-de-l-etat-seme-la-zizanie_a183310.html
      Il faut dire que leur site internet est l’un des plus laids et peu ergonomique qui soit, il est avant tout un support pour faire vendre la version papier, plus fouillée que la version online, assez rachitique.

  3. Dayrton dit :

    « Rue89 devrait toucher 249.000 euros « .

    Et après ça se fait passer pour un canard bénévole au service des petits…

    Bon, continue ce travail, je gage que d’ici peu tu vas recevoir une riche dotation pour « refonte du blog » avec pour unique contrepartie un engagement sur l’ Honneur à ne pas esquinter la main qui t’aura nourri quand tu n’avais pas faim.

    😆

    • vivelapluie dit :

      J’ai un dossier sur rue89 sous le coude que je mettrai en ligne plus tard, assez hallucinant, sur leur modèle économique; un des cofondateurs (soi-disant de gauche) expliquant que s’ils payaient tout le monde, le site n’existerait pas !
      Quant au blog je me contenterai d’une offre à la Huffington Post ! :p

  4. Dayrton dit :

    Je me la jouerai bien pamphlétaire en 12 pieds:

    De mots bien calculés, la presse nous informe,
    D’évènements si grands qu’ils en sont même énormes,
    Ils en arrivent même à masquer l’important,
    Lois ou amendements, votés fermes en l’instant.

    La presse a toujours eu de pénibles devoirs,
    Non pas d’être à l’heure pour l’édition du soir,
    Mais bien de plussoyer aux discours de son Maître,
    Tâche ardue s’il en est sans passer pour un traître.

    A l’heure où les nouvelles sortent avant le journal,
    On ne peut que trouver cela paradoxal,
    Que des gens les achètent sachant que ce papier,
    Ne vaut plus la moitié du quart d’un vieux denier.

    Bien que preuve soit faite de l’inutilité,
    Tant de gens croient encore à la fertilité,
    D’une idée imprimée, « c’était dans le journal »,
    Et donnent leur argent, ce qui pourtant fait mal.

    Voilà comment des rats dirigent un empire,
    Et comment des fourmis travaillent sans dormir.
    Mais qu’à cela ne tienne, un jour arrivera,
    Ou le peuple chantera « ça ira, ça ira ».

    (^^)

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